Deux réponses qui circulent depuis l'arrivée des AI Overviews en France
Le GEO prendrait la place du SEO : l'argument du recul du clic
Pour les uns, le SEO a fait son temps et le GEO prend sa place. L'argument tient au recul du clic : d'après une étude d'Ahrefs sur 300 000 mots-clés (décembre 2025), que détaille notre analyse de l'impact des AI Overviews sur le CTR, le taux de clic de la première position chute de 58 % lorsqu'un résumé IA s'affiche au-dessus des résultats. Quand la réponse se lit sans clic, la première place rapporte moins de visites.
Cette lecture oublie d'où viennent les réponses. Google l'a expliqué dès mai 2024 : le modèle des AI Overviews est intégré à ses systèmes de classement et conçu pour repérer, dans l'index, les résultats pertinents et de qualité. Une page que Google n'indexe pas, ou qu'il juge peu fiable, a peu de chances d'être citée.
Le GEO ne serait qu'un nouveau nom du SEO : l'argument de Google
Pour les autres, le GEO n'est qu'un nouveau nom donné au SEO. Google semble leur donner raison : sa page « Fonctionnalités d'IA et votre site Web » indique qu'« aucune exigence supplémentaire ni optimisation spéciale ne sont requises pour apparaître dans les Aperçus IA ou le Mode IA ». Cette lecture néglige ce qui bouge autour de ces bases communes : une partie de la visibilité se joue dans des réponses lues sans clic, et ChatGPT ou Perplexity choisissent leurs sources selon leurs propres règles.
Chacune décrit une partie de la réalité : le socle reste commun, la mesure et une partie des signaux changent.
AI Overviews et AI Mode actifs en France depuis le 22 juillet 2026
Pour les sites français, la question est devenue concrète en juillet. Google a lancé les AI Overviews et l'AI Mode en France le 22 juillet 2026, deux mois avant l'échéance annoncée aux éditeurs de presse. Le lancement couvre le mobile, l'ordinateur et l'application Google ; notre article sur leur déploiement en retrace le calendrier. D'après Google France, l'AI Mode découpe chaque question en sous-thèmes et lance plusieurs recherches en parallèle, et une recherche y est en moyenne trois fois plus longue qu'une recherche traditionnelle.
Sur maoke.fr, le changement se lit dans le rapport « IA générative » de la Search Console, annoncé par Google en juin 2026. Entre le 18 mai et le 2 octobre 2026, 98 % des impressions de nos pages dans les fonctionnalités d'IA de Google ont été enregistrées depuis le 22 juillet. Sur les quatre dernières semaines de la période, elles ont progressé de 57 % par rapport aux quatre semaines précédentes. Le rapport montre que ces réponses citent aussi bien nos articles d'actualité que nos pages technologies, nos pages d'expertise et notre page d'accueil.
Ce que SEO et GEO partagent : six pratiques recommandées par Google
Le SEO vise un classement, le GEO une citation. Pour obtenir l'un comme l'autre, une page doit pourtant franchir les mêmes étapes. Google pose la condition dans sa documentation : pour s'afficher comme lien de soutien dans les Aperçus IA ou le Mode IA, une page doit être indexée et affichable dans la recherche Google avec un extrait. Les pratiques qu'il recommande pour y parvenir sont celles du SEO :
- Laisser les robots explorer le site : Google demande de vérifier que l'exploration est autorisée dans le fichier robots.txt, mais aussi par l'hébergeur ou le CDN. La règle vaut pour les autres moteurs : la recherche de ChatGPT s'appuie sur son propre robot, OAI-SearchBot, et OpenAI précise qu'un site qui le bloque n'apparaît pas dans ses réponses, sauf sous forme de simple lien de navigation.
- Relier les pages entre elles : Un contenu accessible par des liens internes se trouve plus facilement, pour un robot comme pour un lecteur.
- Donner l'essentiel en texte : Les contenus importants doivent être disponibles sous forme textuelle, complétés par des images et des vidéos de qualité quand elles apportent quelque chose. Un passage cité dans une réponse IA est d'abord un passage de texte.
- Aligner les données structurées sur la page : Elles doivent correspondre au texte visible par le lecteur.
- Soigner l'expérience sur la page : Google la range parmi les fondamentaux qui restent valables, et le lecteur qui clique depuis une réponse IA arrive avec une question précise : une page lente ou confuse le perd vite.
- Tenir à jour les informations sur l'entreprise : Google cite aussi la fiche d'établissement et le compte Merchant Center, utiles pour un commerce local ou un site e-commerce.

Le SEO et le GEO reposent sur le même socle ; le GEO élargit les signaux qui comptent. Sources : Google Search Central, OpenAI.
Le travail SEO déjà engagé sert donc aussi le GEO. Notre page PrestaShop l'a montré : en 12 heures, elle est passée d'invisible au top 5 de Google sur « agence prestashop lille », et les AI Overviews comme ChatGPT recommandaient Maoké sur cette recherche. Un site qui a négligé ces bases part, lui, avec le même handicap dans les réponses IA que dans les résultats classiques.
Ce qui change avec les réponses IA : la mesure et les signaux
Sur ce socle commun, quatre choses changent de nature. La première touche à la mesure de la visibilité, les trois autres aux signaux qui comptent dans le choix d'une source.
Le zéro clic : une visibilité sans visite
Une réponse IA règle souvent la question sans que l'internaute ait besoin de cliquer. Le Pew Research Center l'a mesuré sur 900 adultes américains en mars 2025 : quand un résumé IA s'affiche, ils cliquent sur un résultat classique dans 8 % des visites, contre 15 % sans résumé, et sur un lien du résumé lui-même dans 1 % des visites (étude publiée le 22 juillet 2025).
Être cité change pourtant le bilan. D'après Seer Interactive, qui a suivi 3 119 requêtes informationnelles de 42 organisations entre juin 2024 et septembre 2025, les marques citées dans un AI Overview obtiennent 35 % de clics organiques et 91 % de clics payants de plus que les marques non citées. Notre analyse du CTR en tire la même leçon : sur une requête qui affiche un AI Overview, mieux vaut être la source citée.
Une partie de la visibilité se joue donc sans visite : la marque est lue dans la réponse, puis parfois recherchée plus tard. La mesure doit suivre les citations en plus du trafic.
Mentions de la marque : le signal le plus corrélé aux AI Overviews
Pour répondre à une question comme « quelle agence choisir pour refondre un site e-commerce », une IA croise ce que plusieurs sources disent des acteurs du sujet. Ce qui se dit d'une marque hors de son site entre donc dans la réponse.
Ahrefs a mesuré ce lien sur 75 000 marques en mai 2025. Le facteur le plus corrélé à la présence d'une marque dans les AI Overviews est le nombre de pages web qui la mentionnent (corrélation de 0,664), devant les ancres de liens à son nom (0,527) et le volume de recherches sur la marque (0,392). Les backlinks arrivent loin derrière (0,218). Ahrefs le rappelle : une corrélation ne prouve pas une cause.
Les relations presse, les témoignages relayés par des clients, les annuaires professionnels et les partenariats entrent ainsi dans le travail de visibilité, au même titre que le contenu du site.
Les entités : une marque identifiée sans ambiguïté
Depuis le lancement du Knowledge Graph en mai 2012, Google organise ses connaissances en entités : des personnes, des organisations, des produits ou des lieux identifiés sans ambiguïté et reliés entre eux. Google résumait alors le principe en trois mots, « things, not strings », pour dire que le moteur cherche à comprendre de quoi parle une requête, au-delà des mots qu'elle contient.
Pour une marque, l'enjeu est d'être reconnue comme une entité nette : même nom, même description et mêmes coordonnées sur son site et sur ses profils extérieurs. Une entreprise issue d'une fusion, comme Maoké avec Diabolo et Ylly, a par exemple intérêt à ce que les moteurs relient les anciens noms à la nouvelle entité. Google indique que l'ajout de données structurées Organization sur la page d'accueil « peut aider Google à mieux comprendre les informations administratives de votre organisation et à la distinguer dans les résultats de recherche » (documentation Google Search Central).
Un moteur qui confond deux entreprises, ou qui ne sait pas ce que fait l'une d'elles, a peu de raisons de la citer.
La corroboration : une information confirmée ailleurs pèse plus
Google l'a écrit en mai 2024 : les AI Overviews sont conçus pour n'afficher que des informations étayées par les meilleurs résultats du web. Le même texte attribue une partie des erreurs aux sujets sur lesquels peu d'informations de qualité existent.
Une affirmation présente sur le seul site d'une marque pèse donc moins qu'une information confirmée par des sources indépendantes : presse, études, sites institutionnels, clients. Le « query fan-out » accentue cet effet, puisque la réponse se construit à partir de plusieurs recherches et de plusieurs pages.
Pour une entreprise, cela revient à publier des informations vérifiables, comme des chiffres datés, des méthodes ou des cas clients, et à faire en sorte qu'elles soient reprises ailleurs. Sur un sujet peu couvert, une source fiable et précise comble un manque.
Dix leviers SEO et GEO et leur niveau de preuve
Tous les leviers n'ont pas le même niveau de preuve. Nous en distinguons trois :
- Documenté : le moteur l'écrit dans sa documentation officielle.
- Observé : une étude ou nos propres données le mesurent, dans un cadre précis (corrélation, test en conditions contrôlées, échantillon limité).
- Hypothèse : une pratique logique et répandue, sans preuve publique solide à ce jour.
Le niveau de preuve dit ce qu'on peut affirmer aujourd'hui ; il ne promet aucun résultat.