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UX/UI : pourquoi le design n'est pas une question de goût mais de décisions

Cet article s'appuie sur notre expérience de conception d'interfaces et de parcours utilisateurs pour des PME & ETI ambitieuses, dans des contextes e-commerce, applicatifs et web. 

L'UX design est la discipline qui structure l'expérience d'un utilisateur face à un produit digital. L'UI design, elle, organise les éléments visuels qui composent cette expérience. Ensemble, elles déterminent si une plateforme est comprise, utilisée et efficace, ou abandonnée au bout de quelques secondes. 

Ce n'est pas une question de goût. C'est une question de décisions. 

Pourtant, dans beaucoup de projets, la phase de design reste le moment où les avis personnels s'expriment le plus librement. On aime ou on n'aime pas telle couleur. On préfère ce bouton à gauche plutôt qu'à droite. On trouve que "ça ne fait pas assez moderne" ou "ça ressemble trop à la concurrence". 

Ces réactions sont humaines. Mais elles ne sont pas les bonnes boussoles pour prendre des décisions de design. 

Chez Maoké, nous posons la question différemment : est-ce que cette interface aide l'utilisateur à faire ce qu'il est venu faire, et est-ce qu'elle sert les objectifs business de l'organisation qui l'a commandée ?

Quelle est la différence entre UX et UI ? 

La confusion entre UX et UI est fréquente, y compris dans les équipes qui travaillent au quotidien sur des projets digitaux. 

L'UX, ou expérience utilisateur, s'intéresse au parcours. Comment un utilisateur navigue dans un produit digital ? Où se trouve-t-il face à des obstacles ? Quelles étapes lui semblent évidentes, lesquelles génèrent de la friction ? L'UX travaille sur la logique, la structure, les flux et la lisibilité de l'ensemble avant même qu'une interface soit dessinée. 

L'UI, ou interface utilisateur, s'intéresse à la forme. Les couleurs, la typographie, les composants visuels, les interactions, les animations. C'est ce que l'utilisateur voit et touche. 

Les deux sont indissociables. Une belle interface posée sur un parcours mal conçu reste frustrante à utiliser. Un parcours bien pensé habillé d'une interface négligée génère de la défiance. La performance naît de leur cohérence. 

Pourquoi le design est-il souvent mal abordé en réunion ? 

Parce que tout le monde a un avis sur ce qui est beau. Et que les avis sur ce qui est utile ou performant sont plus difficiles à formuler sans méthode. 

Le résultat, c'est que les phases de validation de maquettes deviennent des sessions de préférences personnelles. On accumule des retours contradictoires. On finit par faire la moyenne des avis plutôt que de prendre les bonnes décisions. Et le design qui en résulte est souvent consensuel, c'est-à-dire ni vraiment beau, ni vraiment efficace. 

Ce n'est pas un problème de compétence. C'est un problème de cadre. Quand les critères de décision ne sont pas posés avant la présentation des maquettes, les réunions de design sont condamnées à dériver vers le subjectif. 

Un bon cadre de décision en design répond à trois questions avant de regarder la moindre maquette : à qui s'adresse cette interface ? Quelle action principale doit-elle encourager ? Quels sont les indicateurs qui nous diront si elle fonctionne ? 

Ce que le design résout vraiment sur un projet digital 

Le design n'est pas là pour faire joli. Il est là pour résoudre des problèmes concrets, qui ont tous une traduction business. 

Un taux de conversion insuffisant sur une page produit est souvent un problème de hiérarchie visuelle, de lisibilité de l'appel à l'action, ou de confiance insuffisante générée par l'interface. 

Un taux d'abandon élevé sur un tunnel de commande est souvent un problème de parcours : trop d'étapes, des informations demandées au mauvais moment, une progression peu lisible. 

Un faible taux d'adoption d'un outil interne est souvent un problème d'UX : l'interface ne correspond pas aux habitudes de travail des utilisateurs, les termes employés ne sont pas les leurs, les raccourcis qu'ils cherchent n'existent pas. 

Dans chacun de ces cas, le design est la réponse. Mais cette réponse ne peut être construite qu'à partir d'une compréhension fine des usages et des objectifs, pas à partir de préférences esthétiques. 

 

Les quatre décisions clés que le design doit poser 

01. HIÉRARCHIE 

Qu'est-ce qui doit attirer l'attention en premier ? 
Chaque écran a un objectif principal. Le design doit guider l'œil vers lui, avant tout le reste. 

02. LISIBILITÉ 

L'utilisateur comprend-il immédiatement ce qu'il peut faire ? 
Une interface incomprise est une interface inutile, quelle que soit sa qualité esthétique. 

03. CONFIANCE 

L'interface inspire-t-elle confiance au bon moment du parcours ? 
La confiance se construit visuellement : cohérence, clarté, preuves sociales, rassurance.  

04. FRICTION 

Où l'utilisateur risque-t-il de décrocher, et pourquoi ? 
Identifier les points de friction avant la mise en ligne évite de les corriger après, à un coût bien plus élevé. 

Ces quatre questions ne remplacent pas le travail créatif. Elles le cadrent. Et un design cadré par de bonnes questions produit des résultats bien plus solides qu'un design guidé par l'intuition ou la préférence du moment. 

Comment travailler efficacement sur la phase de design avec son partenaire digital ? 

La relation entre un client et son partenaire sur la phase design est souvent source de tensions, non par manque de bonne volonté, mais par manque de méthode partagée. 

Voici ce qui fonctionne, et que nous appliquons systématiquement chez Maoké. 

Poser les critères avant de présenter les maquettes. Avant toute session de validation, les objectifs de l'interface, les cibles utilisateurs et les indicateurs de succès doivent être rappelés. Ils deviennent le cadre dans lequel les retours sont formulés. 

Distinguer les retours fonctionnels des préférences esthétiques. Un retour du type "ce bouton est trop grand" peut être fonctionnel si le bouton masque une information importante, ou purement esthétique si c'est une question de goût. Cette distinction change la manière d'y répondre. 

Tester avant de valider. Sur les parcours critiques, comme un tunnel de commande ou un formulaire de contact, rien ne remplace un test utilisateur, même simple, pour valider les hypothèses de design avant la mise en production. 

Accepter que le design itère. Un premier jet de maquettes n'est pas un livrable final. C'est une hypothèse que l'on teste, affine et valide. Les équipes qui traitent la première version comme définitive génèrent beaucoup plus de friction que celles qui intègrent l'itération dans leur processus. 

UX/UI et performance business : des indicateurs concrets 

Le design fonctionnel se mesure. Pas uniquement par des prix créatifs ou des avis subjectifs, mais par des indicateurs qui parlent directement au business. 

Le taux de conversion mesure combien d'utilisateurs accomplissent l'action attendue sur une page ou un parcours. Une amélioration de l'UX peut faire passer ce taux de 1,5 % à 2,5 % sur un tunnel e-commerce, ce qui représente, selon les volumes, une différence considérable en chiffre d'affaires. 

Le taux de rebond indique si les utilisateurs quittent immédiatement une page. Un taux élevé est souvent le signe d'un décalage entre la promesse de la page et ce qu'elle offre réellement, ou d'une lisibilité insuffisante. 

Le temps passé sur les étapes clés d'un parcours révèle où les utilisateurs hésitent, où ils cherchent une information qu'ils ne trouvent pas, ou où l'interface ne leur permet pas d'avancer facilement. 

Ces indicateurs ne sont pas des abstractions. Ils sont le reflet direct des décisions de design prises en amont. Et ils permettent de les améliorer de manière continue, par paliers, en s'appuyant sur la réalité des usages plutôt que sur des suppositions. 

Ce que nous mettons derrière le terme "design utile" 

Chez Maoké, nous concevons des interfaces qui ont une fonction avant d'avoir une forme. Cela ne veut pas dire que nous négligeons l'esthétique, au contraire. Cela signifie que la beauté d'une interface, pour nous, se mesure aussi à sa clarté, sa fluidité et sa capacité à générer de la confiance au bon moment. 

Un bon design digital, c'est un outil. Il doit servir votre business et vos utilisateurs, pas seulement satisfaire un brief créatif. 

Cette conviction guide chaque projet sur lequel nous intervenons, de la première wireframe à la mise en production, et au-delà.

Échangeons sur votre projet

Si vous avez des doutes sur l'efficacité de votre interface actuelle, si vous préparez une refonte ou si vous souhaitez mieux comprendre ce que le design peut apporter concrètement à votre plateforme, nous proposons un premier échange de 45 minutes pour analyser votre contexte et identifier les axes d'amélioration.

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Écrit par : Olivier Landaes

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